Ce que vaut une vie, théorie de la violence libérale

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Delori, Mathias

Description

Le constat est connu : l’ “anti-terrorisme” guerrier est bien plus meurtrier que le mal qu’il entend combattre. Plus, il est désormais établi que les moyens qu’il met en oeuvre – notamment les bombardements aériens et la torture, dont la pratique est pourtant dénoncée officiellement par les Etats-mêmes qui en font usage – contribuent à nourrir la violence “terroriste” . Comment alors comprendre l’apathie qui mine les sociétés occidentales à ce sujet ? Pour répondre à cette question, il faut appréhender comment les violences commises par les professionnels de la guerre de l’espace euro-atlantique sont naturalisées, autrement dit, comment l’opposition socialement construite entre des violences légitimes et d’autres illégitimes est constitutive de “cadres de guerre” qui justifient l’action des militaires en l’institutionnalisant. Mathias Delori montre que l’établissement de tels cadres passe par la constitution des populations entières en purs objets de discours : les “dégâts collatéraux” n’ont en effet pas droit à la parole. Livrant une enquête magistrale sur les opérations de racialisation et de déshumanisation qui sous-tendent les violences commises par les sociétés libérales au nom de la défense de la “vie bonne” , il met au jour la manière dont ces dernières, derrière un cosmopolitisme de façade, hiérarchisent incessamment la valeur des vies humaines.